Soirée au pied des Alpes

Soirée au pied des Alpes

 

Mercredi dernier avait lieu la nouvelle “soirée Vins étonnants” à  Limoges. Le thème était  la Savoie et “appellations limitrophes”, on va dire. Comme nous avions fait la Savoie il y a deux ans, j’ai surtout choisi des vins du Bugey, de l’Isère et du Grésivaudan. La plupart des cuvées n’étaient pas connues des dégustateurs, et c’est très bien ainsi 😉
Avec les tapas (jambon de Corrèze, olives au parmesan, pancake au chorizo), nous attaquons la soirée avec deux premiers vins : le Brut Zéro 2016 de Nicolas Gonin et le Tracteur blanc 2017 de Thomas Finot.
Le premier est une méthode traditionnelle 100 % Altesse (rarissime !) non dosée. On est sur une matière mûre, fruitée, avec de la tension et beaucoup de fraîcheur, encore renforcée par les bulles – très fines et toniques). Le tout est meilleur que pas mal de champagnes pour un prix nettement plus abordable (11.50 €). Et ça fonctionne impec avec les tapas.
Le second est un assemblage (rarissime aussi !) de Chardonnay, Pinot gris et Jacquère. Comme sa comparse d’un soir, il présente un très bel équilibre entre maturité (fruits blancs et jaunes) et fraîcheur. C’est gourmand, généreux, et en même temps désaltérant. On en boirait facilement un peu trop, mais ce n’était pas le cas mercredi avec juste une bouteille pour 10 personnes… Là aussi, le prix est impeccable : 8.90 € !
L’entrée était un crumble de Saint-Jacques aux pistaches. Elle était servi avec un nouveau duo de vins : la Verdesse 2017 de Nicolas Gonin et l’Altesse 2017 de la cave Peillot.
La première joue sur un registre fin et élégante, avec une tension qui vous ferait presque partir sur un Riesling. Mais c’est la finale incisive façon uppercut qui marque le dégustateur. Une sorte de gifle liquide (on comprend mieux pourquoi on l’appelle la Verdesse, car dans des années froides, ça devait être violent…). Ca fonctionne très bien avec le côté “doucereux” du plat à qui elle apporte un contrepoint tonique – et le plat arrondit le vin.
La seconde présente plus d’ampleur, de gras, de volume, tout en ayant une fine acidité qui l’étire joliment. Là, c’est plutôt l’aromatique presque “pétroleuse” qui fait penser au Riesling. Un très joli vin qui gagnera à vieillir quelques années s’épanouir totalement – on peut en dire autant de la Verdesse, d’ailleurs.
Franchement, difficile de les départager, même si l’Altesse est plus “grand public” que la Verdesse.
[Entre les deux plats, un Off dont je me suis fait la spécialité : les deux rouges du domaine des Ronces dont je vous parlais ICI. Le Trousseau a émerveillé (presque) tout le monde. Le Pinot noir, un peu moins, mais je pense qu’il a souffert du verre dans lequel il a été servi. ]
Avec un tartare de boeuf et des frites cuites au blanc de boeuf (rare en France !) nous avons dégusté un premier duo de vins rouge, en l’occurrence une battle de Persans.
Le Persan 2016 de Thomas Finot a un nez encore dominé par les notes d’élevage en barrique. Mais c’est du très beau bois, ceci dit, et elles se marient bien avec les arômes fruités/floraux du cépage. En bouche, c’est d’une étonnante finesse, car le Persan a la réputation d’être plutôt rustique, dans un style nettement moins concentré que le 2015. Il faudra certainement être un peu patient avec ce vin, mais il devrait être très joli d’ici 3-4 ans une fois que le bois  sera totalement fondu.
Le Persan 2016 de Nicolas Gonin était un hymne au fruit noir frais, éclatant, juste souligné par quelques épices. En bouche, c’est une bombe de fruit d’une insolente gourmandise, tout en ne tombant jamais dans la facilité et encore moins dans la vulgarité.  La finale a une belle mâche, mais elle est dominée par le fruit et la fraîcheur. Un vin qui a fait l’unanimité des convives et a desservi son adversaire d’un soir, pourtant valeureux.
Deux fromages au programme : Morbier et Tomme de Savoie. Et deux autres vins rouges : une Mondeuse 2017 de Nicolas Gonin et un Tracteur rouge de Thomas Finot.
Même si la structure de la Mondeuse est un peu différente de celle du Persan – moins d’alcool, un peu plus de fermeté – on retrouve la même pureté de fruit et cette fraîcheur éclatante. C’est absolument irrésistible !
De ce fait, le Tracteur rouge est un peu à la peine. Sa texture plus souple le dessert, et son fruit plus patiné fait presque éteint à côté de la mondeuse. Vous l’aurez compris : il faut boire ce vin tout seul. Là, je vous assure : vous vous régalerez !
En dessert, une tarte aux poire Amandine. Et un seul vin (raisonnables, nous sommes) : les Filles 2016 de Gilles Berlioz (100 % Roussanne). Un hymne à l’abricot rôti au beurre. La matière est charnue, avec un côté frais/croquant/pulpeux. L’ensemble est équilibré, sans lourdeur. Une belle façon de finir la soirée !

 

 

http://vins-etonnants.blogspot.com/2018/10/soiree-au-pied-des-alpes.html

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